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Histoire de l'Artillerie Royale Canadienne

Traduction de l'anglais de http://www.artillery.net/history.htm par Steeve D. Ouellet.

Le Régiment Royal de l'Artillerie Canadienne a été créé le 20 Octobre 1871 avec la formation des Batteries "A" and "B". Ce furent les deux premières unités des Forces Armées Permanentes du Canada a avoir été formée après la Confédération, et avec le retrait des Forces Armées Régulières Britanniques de l'Amérique du Nord (sauf pour les batteries côtière qui demeurèrent jusqu'à la fin du siècle).

Les racines du Régiment Royal, toutefois, viennent de beaucoup plus loin, des premières compagnies d'artillerie de milice canadiennes française et, plus tard, canadiennes anglaises, qui furent formées pour compléter les garnisons françaises and britannique. Le plus vieux régiment de milice d'artillerie toujours en opération, "The Loyal Company", fut formé en 1793 à St John, Nouveau Brunswick, et est présentement inclus au 3ème Régiment de Campagne.

Un Résumé de l'Histoire du Régiment Royal d'Artillerie Canadienne, 1793-1998

INTRODUCTION

Le but de ce document est d'offrir au lecteur un survol le l'histoire du Régiment Royal d'Artillerie Canadienne. L'Historique régimentaire officielle est "The Gunners of Canada" du Colonel G.W.L. Nicholson à la référence A. Le travail du Colonel Nicholson est plus qu'une excellente historique. C'est un aide-mémoire pour tous les artilleurs Canadiens des traditions de hautes déterminations et de services dévoués qui sont requis par le Régiment Royal. Nous espérons que ce bref aperçu de l'histoire du Régiment Royal vous encourageras à vouloir en savoir plus, ce qui devrait vous amener à considérer "The Gunners of Canada" comme une référence nécessaire.

L'étude du passé du Régiment Royal amène trois aspects qui sont d'importance cruciale et que le lecteur devrait garder à l'esprit. Le premier est l'interaction entre l'Artillerie de la Force de Réserve (ou Milice) et son homologue de la Force Régulière. La tâche d'offrir le support à la formation de l'Artillerie de Réserve a été un rôle important de l'Artillerie Régulière en temps de paix. Deuxièmement, les Canadiens semblent avoir une aptitude particulière pour l'artillerie. Nous aimons la compétition et une bonne Artillerie est compétitive : de la course contre la montre pour être prêt, à la couse pour savoir quel canon sera le premier sorti de l'action quand le cesser le feu est ordonné. Nous aimons l'excitation et le défi personnel, et il est présent. Troisièmement, les meilleurs artilleurs n'ont jamais vu leur affaire comme un travail. Pour des hommes comme le Major-Général T.B. Strange, Major-Général C.W. Drury and Général A.G.L. McNaughton, l'artillerie était beaucoup plus qu'un travail. Ces hommes étaient des professionnels dédiés à la profession de servir les pièces, de faire avancer l'organisation et l'expertise technique du Régiment Royal et de promouvoir de hautes estimes et confiances des autres armes envers l'artillerie.

HONNEURS DE BATAILLE ET COULEURS

Le Régiment d'Artillerie Royale Canadienne a deux devises: « Ubique » (Partout) et « Quo Fas et Gloria Ducunt » (Où le droit et la gloire nous mènent). La première devise « Ubique » prend place de tout honneur de bataille en reconnaissance du service de l'artillerie dans toutes les batailles et les campagnes. Ces honneurs ont été approuvées par Sa Majesté le Roi George V en 1926, qui, en 1920 honora l'Artillerie Royale Canadienne en devenant son Colonel Commandant Honoraire, et plus tard, en 1929, son Colonel-en-Chef. En 1952, Sa Majesté le Roi George VI devint Captaine-Général de l'Artillerie Royale Canadienne. Aucun autre corps de l'Armée Canadienne ne peut se vanter de cette distinction, qui a été reprise par Sa Majesté la Reine Elizabeth II.

À l'époque, les régiments de cavalerie et d'infanterie se rassemblaient sous leurs couleurs durant les batailles. L'Artillerie, lorsqu'elle ne portaient pas leur couleurs, se rassemblait à ses canons. Après la Guerre de Crimée, La Reine Victoria permit à l'Artillerie Royale la distinction unique d'utiliser ses canons comme couleurs. À cet effet, un citation d'une ancienne régulation est intéressante: Regulation and Orders for the Active Militia of the Dominion of Canada 1870 : « Une Batterie d'Artillerie avec ses canons est équivalente à un Bataillon avec ses couleurs, et doit être saluée en conséquence ».

PREMIÈRES MILICES D'ARTILLERIE 1636-1870

La tradition des « citoyens soldats » date des premières colonies de ce pays. La couronne française ne fournissait pas de soldats réguliers au Canada jusqu'en 1665. Aussi tôt que 1636, il y a des documents sur l'organisation de « La Compagnie des Cents Associés » pour la défense contre les amérindiens. Cette compagnie se procura quelques pièces d'artillerie de vaisseaux arrivant dans la colonie. Même après l'arrivée, en 1665, du Régiment Carignan-Salières, les canons et les pièces d'artillerie demeurèrent principalement l'affaire des colons sous l'égide de soldats d'infanterie. Les canons n'étaient pas fondamentaux dans les guerres contre les amérindiens principalement à cause de leur faible mobilité dans un environnement possédant peu de voies carrossables. Les canons se retrouvaient surtout dans un rôle de défense des grands centres. La première utilisation notable de l'artillerie par des Canadiens eut lieu à Québec en 1690. Les colons formèrent des batteries d'artillerie sous la direction de Jacques Le Moyne, un officier Canadien, et firent bonne figure en aidant à repousser l'attaque de Sir William Phipps’ contre la ville.

La présence da l'Artillerie Royale au Canada date d'aussi loin que 1745 quand une troupe de l'Artillerie Royale fut cantonnée à Louisbourg après sa capture cette année là. L'Artillerie Royale joua un rôle important dans les batailles contre les Français pour le contrôle du pays. Depuis le début de la conquête jusqu'en 1855, la défense du Canada reposa principalement sur les garnisons régulières Britanniques, mais, comme les Français, ils devaient aussi compter sur l'assistance des Canadiens. Tout homme Canadien entre 16 and 60 ans pouvaient potentiellement être appelé pour le service militaire en cas d'urgence. Les canadiens furent ainsi appelés à servir entre 1775-1776, durant la guerre de 1812 et durant la rebellions de 1837. Normalement, toutefois, l'engagement des Canadiens se limitait à rien de plus qu'une parade annuelle. L'enthousiasme variait d'un endroit à l'autre et quelques localités organisèrent leur propre unité de milice. L'une de ces unités, « The Loyal Company of Artillery », fut formée en 1793 à Saint-John, Nouveau-Brunswick. Cette unité est encore aujourd'hui présente à Saint-John sous le nom du 3ème Régiment de Campagne. Colonel Nicholson fait remarquer que ce n'est « non seulement la plus vieille unité d'artillerie au Canada, mais aussi la troisième plus vieille dans tout le Commonwealth britannique ».

L'Acte de la Milice de 1855, entériné par le Parlement des Provinces Unies du Canada, fut fort important dans l'histoire militaire canadienne. Dans le contexte du retrait des troupes britanniques pour le Crimée, les canadiens devaient être plus activement impliqués dans leur propre défense. Cet acte impliquait la création d'une force de cinq mille hommes qui incluait sept batteries d'artillerie. Les batteries devaient suivre vingt jours d'entraînement par année, dont 10 jours consécutifs. Des batteries furent formées à Québec, Montréal, Ottawa, Kingston, et Hamilton.

Trois de ces unités sont toujours en activité dans des batteries de régiments de campagne: la 2ème Batterie de campagne à Ottawa, la 7ème Batterie de campagne à Montréal and la 11ème Batterie de campagne (Hamilton-Wentworth) à Hamilton. La période de 1855 à la Confédération en fut une où l'intérêt dans les choses militaires demeura haute, dû à la Guerre de Crimée, à la Guerre civile américaine, et aux risques, réels et imaginés, que cette dernière posait pour le Canada. Les Fenian raids de 1866 amenèrent la milice à prendre du service mais le rôle de l'artillerie fut limité. En fait, l'engagement le plus notable de l'artillerie fut celui dans lequel le Welland Canal Field Battery, agissant en infanterie, défendit Fort Erie contre les Fenian à leur retour de leur succès à Ridgeway. Leur vaillant effort était perdu d'avance, les artilleurs étant largement surpassé en nombre, et ils furent éventuellement forcé à la rédition mais seulement après avoir infligé plus de pertes à l'ennemi que l'infanterie n'ait soutenu lors de la débâcle de Ridgeway.

Après la Confédération, le Parlement du Dominion pris rapidement action pour améliorer l'organisation du Canada pour la défense de son territoire. Une Loi sur la milice, approuvée en 1868, autorisa une force de milice active de 40,000 hommes. Essentiellement, les termes de la loi étendaient le système de milice alors en application en Ontario et au Québec aux deux nouvelles provinces de Nouvelle-Écosse et de Nouveau-Brunswick. Dès 1870, 10 batteries de campagne et quelques 30 batteries de garnisons étaient actives. En Angleterre, la pression pour rendre les colonies auto-gouvernées responsables de leur propre défense était particulièrement forte, et, en 1871, toutes les troupes britanniques du Canada, à l'exception des garnisons de Halifax et d'Esquimalt, furent retirées.

FORMATION DE LA FORCE PERMANENTE DU CANADA - 1871

L'élément permanent du Régiment Royal d'Artillerie Canadienne prend sa source le 20 Octobre 1971 avec la formation des batteries A et B de Garnison à Kingston et Québec City respectivement. Ces deux batteries représentent la création de la force permanente (régulière) de l'Armée canadienne. Dans les premières années, ces batteries avaient aussi pour rôle de servir comme école d'artillerie. Ces écoles amenèrent bientôt aux artilleries de milice les ferments d'artilleurs et de sous-officiers bien entraînés. En conséquence, l'Artillerie s'établit comme la branche de la milice canadienne la plus efficace et acquis une grande fierté qu'elle n'a jamais cesser de démontrer jusqu'à nos jours.

Le 10 Août 1883, avec la création de la Batterie C, le Régiment d'Artillerie Canadien fut formé. La batterie C fut établie à Victoria in 1887. Les hommes de la Batterie C seraient la première troupe à compléter la traversée du Canada sur le chemin de fer du Canadien Pacifique. Le 24 mai 1893, le régiment reçu la distinction « Royal » et quelques mois plus tard fut réorganisée en deux batteries de l'Artillerie de campagne Royale Canadienne et deux compagnies de l'Artillerie de garnison Royale Canadienne. Suite à ce changement, la batterie C fut temporairement inactive, son personnel formant le noyau d'une des compagnie d'artillerie de garnison. L'élément non permanent de Milice Active du Régiment Royal reçu la distinction « Royal » en 1935.

Le 1er septembre 1905, l'Artillerie de campagne Royale Canadienne devint le « Royal Canadian Horse Artillery » (RCHA). Les batteries originales de la force d'artillerie permanente sont aujourd'hui connue comme les batteries A, B et C du 1er Régiment du Royal Canadian Horse Artillery, établi à Shilo, Manitoba.

FORMATION DE LA NORTH WEST MOUNTED POLICE - 1873

Les Artilleurs Canadiens ont une proche fraternité avec la Gendarmerie Royale Canadienne (GRC) de par la formation de la North West Mounted Police (NWMP). À l'automne de 1873, le lieutenant-colonel (plus tard Major-Général Sir) George A. French, le premier Commandant de la Batterie A d'Artillerie, fut nommé comme le premier Commissionnaire de la North West Mounted Police. Avec 32 artilleurs des Batteries A et B, il forma le noyau de la nouvelle force de police. Ainsi, l'ARC devint, en un sens, le père de la GRC. French avait avec lui 15 officiers non-commissionnés, dont le Sgt Steele ( plus tard Major-Général Sir Sam Steele) de la Batterie A. Steele fut bientôt commissionné et conserva in haut rang dans la NWMP durant la ruée vers l'or du Yukon de 1898. Steele retourna ensuite au service de l'armée canadienne comme le premier commandant du Lord Strathcona Horse, les dirigeants durant la Guerre d'Afrique du Sud.

MGEN STRANGE - LE PÈRE DE L'ARTILLERIE CANADIENNE

Le collègue de French, le lieutenant-colonel Thomas Bland (« Jingo ») Strange, le premier commandant de la Batterie B de garnison, fut élevé au rang de Major-Général devint l'Inspecteur de l'Artillerie du Dominion. Strange, connu comme le « Père de l'Artillerie Canadienne », mis en place l'Association Canadienne de l'Artillerie qui mis en application un système uniforme d'inspection. La participation dans des compétitions de tir à la grandeur du pays, inaugurées par l'Association, fut bientôt étendu à des rencontres tenues à Shoeburyness, Angleterre, où les équipes d'artillerie de milices canadiennes devinrent de fiers compétiteurs pour les très convoitées distinctions britanniques. Ces compétitions ont non seulement amélioré l'efficacité, mais ont aussi établi un magnifique esprit de corps au sein des différents unités indépendants. Cet esprit de corps continue dans le Régiment Royal d'Artillerie Canadienne jusqu'à nos jours.

Son autobiographie, « Gunner Jingo’s Jubilee », nous offre une série fascinante de coups-d'oeil aux premières années du Régiment permanent : « Quand le dernier légionnaire britannique parti, ce fut ma tache de former la première garde d'artillerie canadienne. L'évacuation fut si rapide, seulement quelques jours se sont écoulés entre mon arrivée et l'embarquement des garnisons britanniques, peu de temps pour enrôler, armer, habiller et entraîner la première nouvelle garde de la Citadelle. » L'équipement pour la garnison de Québec eut été un problème s'il n'eut été des manières plutôt directes de Strange. Le Gouvernement du Canada s'était attendu à hériter des entrepôts de garnisons, mais le Gouvernement Britannique vendit tout, jusqu'aux literies à des marchands locaux. Strange résolu ce problème en ne leur permettant pas l'accès à la citadelle pour venir prendre possession de leurs achats. Les armes, munitions et uniformes furent acquis de l'Artillerie Volontaire de Québec. Avec des exercices et des pratiques, Strange amena rapidement sa garnison à prendre forme. Il avait grande confiance en ses troupes canadiennes et ce sentiment était réciproque.

À titre d'Inspecteur du Dominion, Strange visita toutes les unités d'artillerie et ses inspections furent de nature curieuse, comme ses nombreux rapports l'indiquent. Il s'aperçut rapidement que l'entraînement et l'efficacité de l'artillerie laissait à désirer et il commença à réviser le régiment en s'assurant d'abord de mettre de l'ordre dans sa propre maison. Ses méthodes étaient d'une sévérité spartiate. De longues marches en raquettes et des manoeuvres en plein hiver étaient choses fréquentes, les artilleurs campants and des tentes de 15 hommes de coton de 35 livres. Le colonel C.E. Long a décrit les méthodes utilisées par « Jingo » pour tester la vigilance et l'efficacité à Québec par des tirs de nuit : « L'alarme était sonnée durant la nuit... Quand tous étaient à leur poste, Dieu vienne en aide aux pauvres individus qui n'étaient pas à leur poste, aux canons de la Citadelle, ou ne connaissaient pas leurs devoirs, quand le Commandant faisait sont inspection quelques minutes après que l'alarme fut sonnée. »

REBELLION DU NORD-OUEST - 1885

Les artilleurs canadiens ont fait leur marque dès les tout débuts. La première action de la batterie de force permanente eut lieu durant la Rébellion du Nord-Ouest de 1885. En plus des Batteries A et B, plusieurs unités d'artillerie de milices ont participé à cette mission. La Batterie de campagne de Winnipeg, plus tard désignée la 13ème Batterie de campagne de Winnipeg, fournit 2 canons de 9 livres à chargement par la bouche (Rifled Muzled loading ou RML), et 49 officiers and hommes. Quatre cents membres de la Brigade de Montréal de garnison prirent positions à Regina, et des représentants de l'Artillerie de campagne de Ottawa et des unités des garnisons de Québec and des Maritimes furent employés activement.

Le 27 Mars 1885, les batteries A et B reçurent ordre de procéder vers l'ouest en service actif. Sous le commandement du Lieutenant-Colonel C.E. Montizambert, les deux batteries quittèrent Renfrew, Ontario par chemin de fer pour Qu’Appelle, Saskatchewan. À leur arrivée à Qu’Appelle, les deux batteries se séparèrent. La batterie A, avec deux canons de 9 livres RML et une mitrailleuse Gatling, sous le commandement du capitaine C.W. Drury, partirent vers le nord pour rejoindre la colonne de Sir Frederick Middleton. La batterie B, avec deux NWMP 7 livres « à chargement par la bouche sans rainure » et une mitrailleuse Gatling, sous le commandement du Major C.J. Short, partirent vers l'ouest à Swift Current pour rejoindre les forces du Lieutenant-Colonel William D. Otter. La batterie B regretta rapidement d'avoir échangé leurs canons de 9 livres RMLs pour des 7 livres. Ils les avaient échangés en croyant que le canon plus léger de 7 livres serait plus facile à transporter. Malheureusement, le support du canon avait tendance à céder lorsque les canons tiraient.

Plus intéressant que les détails des batailles durant la rébellion : les difficultés que les troupes durent endurer durant le voyage vers l'ouest. William Van Horne du Canadien Pacifique avait promis son plein support pour déplaces toutes les troupes de l'est aux prairies. Il garantît de les amener à Fort Qu’Appelle en 11 jours malgré qui manquait 105 miles de chemin de fer au nord du Lac Supérieur. Il fut fidèle à sa parole, et c'est à cause du chemin de fer que la révolte pu être réglée aussi vite qu'elle le fut. L'artillerie fut la première à quitter. Les rails durent être posées sur la glace et la neige partout où c'était possible, et où ce n'était pas possible les hommes voyagèrent en carrioles ou marchèrent. Le voyage a été décrit par un membre d'une batterie : « Nous devions marcher, traîner et transporter dans 5 pieds de neige - certains jours sous zéro - arrivant à des bouts de ligne à moitié complétées, entraînant et désentraînant (sic) au milieu de buissons, bois, neige ou marais gelée, jours et nuits, jusqu'à ce que nous ayons passé la pointe nord du Lac Supérieur à Port Arthur, traversant des zones gelées du lac. (Une fois, les cavaliers partirent vers le lac pendant des heures, le guide s'étant perdu) Nous avons dormis une nuit dans un bateau vide, gelé sur le lac; toujours hanté par le canon de 9 livres, par sa prolonge et son équipement (traîneau et roues); ce furent les difficultés de la campagne ».

La Batterie A fut la première à être en action à Fish Creek le 24 avril, tirant au dessus des têtes de l'infanterie, pendant que des éléments de la batterie se battaient avec distinction dans des rôles d'infanterie. La batterie a souffert de la perte de 3 morts et 12 blessés durant sa première action. La batterie A continua à se battre dans la bataille de Batoche. La batterie B eut sa première bataille à Cut Knife le 2 Mai. Battant avec succès des attaques contre ses positions, la batterie eut des pertes de 4 blessés. Durant cette bataille, l'un des canons de 7 livres fut mis hors d'état lorsque la traîne à cédé après le premier tir. Brevet-Capitaine ( plus tard Major-Général) Rutherford solidifia le second canon avec une corde et une prière dans un effort visant à éviter que celui-ci se brise aussi, mais le canon du être remonté sur sa son frêle traîneau après chaque tir. La Bataille de Cut Knife marqua la première utilisation d'une mitrailleuse par des soldats canadiens et la dernière fois de l'histoire canadienne que des arcs et des flèches, avec lesquels quelques-uns des plus jeunes étaient armés, furent employés durant une bataille.

YUKON FIELD FORCE - 1898 – 1899

La découverte d'or au Yukon en 1896 généra une ruée de mineurs et de spéculateurs. En 1898, de manière à aider le NWMP à maintenir la loi et l'ordre, un Ordre du Concile autorisa la formation du Yukon Field Force. La force de 203 hommes était principalement constituée de 133 soldats du Régiment Royal d'Infanterie Canadienne et 46 Artilleurs de l'Artillerie Royale Canadienne (14 de Kingston et 32 de Québec). Après de périlleuses difficultés, la Force atteint finalement leur deux principales destinations, Fort Selkirk et Dawson City, en septembre et octobre respectivement. La force, commandée par Lieutenant-Colonel T.D.B. Evans, accomplirent leurs devoirs en garnison et d'autres tâches habituellement accomplie par la police et les agents de douane.

LA GUERRE D'AFRIQUE DU SUD 1899-1902

Pendand la période entre la rébellion et la Guerre d'Afrique du Sud, le Régiment, sous la tutelle du major (plus tard major-général) C.W. Drury, se modernisa considérablement. Drury, pendant une assignation en Angleterre, s'est montré très intéressé aux nouveaux développements aux disciplines de tir et aux améliorations techniques s'y rattachant. À titre de commandant du Camp de Deseronto, il amena beaucoup plus de réalisme à l'entraînement, et en favorisant la compétitions, éleva les artilleur de milice à une plus grande efficacité. Ses contributions l'amenèrent à mériter le nom de « Père de l'Artillerie Moderne au Canada ». Le Régiment lui doit beaucoup. Il l'a amené à l'ère moderne et, en un sens, lui a donné la base des connaissances dont il aurait plus tard besoin au début de la première guerre mondiale. Cette période en était un pendant laquelle des pas de géant étaient réalisés dans le développement de l'artillerie, et la part des canadiens fut l'acquisition de canons de 12 livres à chargement par l'arrière (breech-loading guns), qui furent disponibles pour l'entraînement en 1897.

Peu après le début de la guerre entre l'Angleterre et la République de Boer du Transvaal et l'État indépendant d'Orange, la pression publique amena l'envoi de deux contingents canadiens en Afrique du Sud. Trois batteries de campagne, armés avec des canons de 12 livres furent envoyés avec le second contingent. Ces trois batteries d'artillerie désignées C, D et E furent concentrées respectivement à Kingston, Ottawa et Québec. Chaque batterie fut formée de membres de l'Artillerie Royale Canadienne (forces permanente) avec du personnel provenant d'unités de milice locale. Le commandant de la brigade était le lieutenant colonel C.W. Drury.

La guerre d'Afrique du Sud fut frustrante à bien des égards pour les artilleurs canadiens. La nature de cette guerre ne permettait pas de regrouper les batteries sous l'égide de Drury. Toutefois, la guerre permit d'apprendre quelques leçons importantes. Les techniques de feu indirect, par exemple, furent stimulées bar les actions menées dans cette guerre. L'adresse au tir des Boer a été citée comme une motivation, en fait, l'utilisation répandue de fusils en quelque main que ce soit eut été suffisant pour faire cesser les anciennes tactiques consistant à galoper vers l'ennemi pour l'attaquer à terrain découvert.

La batterie C forma une partie des forces de Rhodes et pris part à la libération de Mafeking et ensuite dans des opérations dans l'ouest du Transvaal. Les batteries D et E firent initialement partie des forces de Carnarvon et assumèrent ensuite des tâches d'établissement de lignes de communication sur la voie ferrée principale vers Kimberly. Plus tard, la batterie E pris part à la colonne de Gruiqualand et connu un mort et huit blessés au combat à Faber’s Putt. La batterie E connu les plus lourdes pertes des trois batteries : un total pour la campagne étant d'un mort et onze blessés au combat.

La batterie D joint l'armée de Lord Roberts dans des opérations dans l'est du Transvaal. À Leliefontein, un action d'arrière-garde historique et réussie fut combattue par quelques hommes des Royal Canadian Dragoons et la section gauche de la batterie D (les artilleurs sous le commandement du lieutenant (plus tard major-général) E.W.B. Morrison de la 2ème batterie de campagne d'Ottawa. Ils se défendirent contre une attaque de quelques 200 Boers que ont pu charger jusqu'à 70 verges de leur position. Trois des Dragoons reçurent la Croix de Victoria pour cet acte. Lieutenant Morrison reçu la DSO. Les canons impliqués reposent maintenant au Musée Canadien de la Guerre. Ce qui suit est un extrait du « Supplementary Report, Organization, Equipment, Dispatch and Services of the Canadian Contingents during the War in South Africa 1899-1900 » de la OC D Battery, RCFA au CC Brigade Division RCFA, daté du 9 Mars 1901 :

« Il fut vite évident que les Boers s'étaient fortement renforcés depuis hier. Col Lessard avec le Royal Regiment Canadian Dragoons et deux canons de l'Artillerie Royale Canadienne sous le commandement de Lt Morrison, couvrirent les arrières, et je n'ai aucun mot suffisamment haut pour décrire la galanterie dévouée qu'ils ont montrée en gardant l'ennemi à distance du convoi et de l'infanterie. »

« Dans un télégramme félicitant le Gen Smith-Dorrien du succès de ses opérations, Lord Roberts dit: ‘Col Lessard et ses Canadiens ont eu une tâche difficile pour garder les arrières pour votre retour et méritent beaucoup de crédit comme tous ceux qui étaient avec lui.’ »

« Gen Smith-Dorrien recommanda plus tard le Lt Morrison pour ‘quelque distinction spéciale qu'il plaira à Sa Majesté pour l'adresse et le tempérament avec lesquels il travailla et finalement sauva ses canons’. Il reçu avec droit l'Ordre du Service Distingué (Distinguished Service Order). »

« Pendant les deux jours de bataille la section dépensa 240 tirs de munitions. »

Dans la Force Régulière, le service et les traditions des batteries C, D, and E sont perpétués par les batteries du RCHA batteries du même nom. Étant donné la contribution de la 7ème Batterie à Ste-Catherines, son successeur logique, la 10ème Batterie du 56<ème> Régiment de campagne, perpétue le service Sud-Africain de la batterie C dans la Force de Réserve. Pour la contribution d'un commandant de batterie, d'une section de canon et de leur conduite distinguée à Leliefontein, la 2ème Batterie du 30ème Régiment de campagne perpétue dans la force de réserve le service Sud-Africain de la Batterie D.

La plus grande récompense du premier service outre-mer de l'Artillerie Royale Canadienne fut la reconnaissance accrue qui provenait maintenant des gouvernements Canadiens et Impériaux non seulement sous la forme d'une augmentation de l'intérêt portée mais aussi de la reconnaissance de l'excellence du travail accompli par le Régiment.

DÉBUT DU XXème SIÈCLE - LES ANNÉES D'AVANT GUERRE

1906 marqua la fin d'un long chapitre de l'histoire canadienne et Britannique. En plus des batteries A et B, il y avait alors cinq compagnies d'Artillerie de garnison dans la Force permanente canadienne. Celles-ci furent formées en 1905 et 1906 pour compenser le départ des Britanniques dans les garnisons de Halifax et d'Esquimalt. Plusieurs des artilleurs des batteries britanniques obtinrent leur quittance de l'Armée impériale pour servir avec les nouvelles unités canadiennes. En 1905, il y eut une réorganisation de l'artillerie de milice pour regrouper les batteries en dix brigades.

Parmi les développements les plus significatifs avant la première guerre mondiale en ce qui concerne le Régiment Royal fut l'acquisition d'une nouveau grand champ de tir d'entraînement à Petawawa. La routine familière en temps de paix des camps de pratique estivaux pour l'artillerie de milice, dirigée par les artilleurs réguliers, devint une fois de plus une caractéristique de l'entraînement de l'artillerie canadienne. Petawawa donna à ces entraînements une portée jamais possible auparavant. Il y eut rapidement de nouveaux canons de 13 et 18 livres avec des systèmes modernes de repérage et de recul. Le tir indirect devint un élément d'entraînement régulier.

Malgré le fait qu'ils étaient peu, l'entraînement des artilleurs canadiens dans les années précédant la guerre fut essentiellement bonne. L'équipement était à la fine pointe. En effet, le canon de 18 livres restera en service jusqu'au début de la Deuxième Guerre Mondiale. Stratégiquement, la grandeur des champs de tir de Petawawa permettait de tenir des manoeuvres, et la procédure de tir indirect, avec ses exigences pour la météorologie et autres considérations techniques telles les communications, devint familière aux Canadiens.

Beaucoup de changements furent appliqués aux techniques et aux équipements dû à l'expérience acquise durant la Guerre d'Afrique du Sud. Avant cette campagne, les canons n'avaient pas été normalement alloués spécifiquement en support d'une arme particulière. Avec le changement de nom de la Brigade de campagne de l'Artillerie Royale Canadienne à l'Artillerie à chevaux Royale Canadienne (Royal Canadian Horse Artillery - RCHA) en 1905, une pratique Britannique fut adoptée. Il fut décidé que dans le futur, les batteries d'artillerie à chevaux galoperaient avec la cavalerie pendant que les batteries de campagne supporteraient l'infanterie, qui est plus lente à se déplacer. Des commandes furent placées au Royaume Uni pour des canons de 13 livres à tir rapide (quick-firing - Q.F.) pour la RCHA, et des canons de 18 livres Q.F. pour l'Artillerie de campagne de milice.

Le terme « tir rapide » fut donné aux canons tirant des munitions fixées, et qui étaient équipé d'un mécanisme d'absorption du recul. Les munitions fixées pour les canons ont commencé à être utilisé au début des années 1890, après que le sac de soie qui contenait la charge eut été remplacé dans certains canons à chargement par l'arrière par une cartouche de cuivre qui prenait de l'expansion lorsque le canon était tiré, scellant ainsi les gaz. Cette innovation rendit possible pour des canons de faible calibre d'avoir des cartouches joints au projectile, et les « munitions fixée » ainsi produites accélèrèrent grandement la procédure de chargement.

Les canons de 13 et 18 livres étaient composés d'un canon Armstrong adaptés à un système de recul Vickers, et des systèmes de visée et d'élévation fait dans les usines Royales. Ces deux canons pouvaient faire des tirs shrapnel et explosifs. Le manque d'un système de coupe était un problème, les amorces en usage à ce moment ne provoquant pas d'action instantanée, ce qui résultait en un tir qui s'enterrait avant d'exploser. L'explosion et les fragments étaient ainsi projetés dans les airs, avec peu de dommage aux objets en surface. Ce problème fut solutionné avec l'introduction des amorces instantanées No. 106 à Vimy Ridge en 1917.

Le canon de 18 livre pris du service à la limite d'une controverse politique. Les essais des quatre premières batteries furent réalisées en 1903, et démontrèrent que ces deux nouvelles pièces étaient satisfaisantes. Mais avant que le British Equipment Committee eut fait sa recommandation finale d'adopter le canon de 13 livres pour le Royal Horse Artillery (RHA) et le canon plus lourd pour l'Artillerie de campagne, des problèmes surgirent en Chambre. Un membre suggéra que le canon de 18 livres n'était pas suffisamment supérieur en performance au canon plus léger pour justifier les dépenses supplémentaires de produire deux équipements différents lorsqu'un seul pourrait faire l'affaire. L'indécision en résultant se termina seulement lorsque le Premier Ministre, M. Balfour, donna un vote décisif en faveur de retenir le canon de 18 livres. Son choix serait plus tard amplement justifié par la Première Guerre Mondiale où près de 100 million de tir de canon de 18 livres furent tirés en comparaison avec 1.5 million de tir de canon de 13 livres. Les deux types de canons étaient utilisées par l'artillerie canadienne au cours de la première guerre mondiale.

LA PREMIÈRE GUERRE MONDIALE 1914-1918

De environ 44,000 artilleurs qui s'enrôlèrent durant la première guerre mondiale, quelques 38,000 servirent outremer. Le reste servi dans des dépôts, batteries côtières et comme instructeurs dans les écoles d'artillerie. À la fin de la guerre, en 1918, le Canada avait mis en service cinq divisions d'artilleries, un brigade d'armée de campagne, un batterie antiaérienne et trois brigades de garnison (incluant deux batteries lourdes). la brigade du RCHA, d'abord sous le commandement du lieutenant-colonel Panet et ensuite sous le lieutenant-colonel W.H.P. Elkins, faisait partie de la Brigade de Cavalerie Canadienne. Cette brigade servi dans les corps canadiens et dans les corps de cavalerie indienne et britannique. Deux batteries de campagnes canadiennes servirent au nord de la Russie et une en Sibérie, combattant les Bolcheviques jusqu'en 1919. Une compagnie de défense côtière fut stationnée sur l'Île de Ste-Lucie aux Indes Britanniques.

Les principaux armements utilisés par les artilleurs canadiens étaient : le canon de 13 livre pour le RCHA; le canon de 18 livres et l'Howitzer 4.5 pouces pour l'artillerie de campagne; le canon de 13 livres « turned up » monté sur un camion pour l'artillerie antiaérienne ; et des canons lourds de 60 livres, 6 pouces, 8 pouces and 9.2 pouces pour les compagnies d'artillerie de garnison, lourdes et de siège. Il y avait aussi deux batteries de mortiers lourds de tranchées utilisant des mortiers de 9.45 pouces et quatre batteries de mortiers de tranchées légers avec des mortiers Newton de 6 pouces.

L'attaque au gaz à Ypres, la bataille de la Somme, Passchendaele, Amiens, Arras, Cambrai et Mons marquent la route empruntée par les artilleurs canadiens, mais en aucune autre bataille ont ils brillé comme à Vimy Ridge en Avril 1917, quand leur grand sacrifice leur mérita les honneurs nationaux. L'on peut dire sans se tromper qu'aucune offensive britannique jusqu'alors fut aussi soigneusement planifiée que cette attaque des corps canadiens.

« L'artillerie conquière et l'infanterie occupe. » C'était le principe sous-jacent aux plans pour l'assaut sur les imprenables positions allemandes à Vimy Ridge. L'expérience à la Somme a démontrée la nécessité d'une préparation approfondie de l'artillerie contre des défenses solides. Cette fois, toutefois, l'intention n'était pas d'essayer de démolir toutes les tranchées ennemies. Plutôt que de détruire totalement l'enchevêtrement de barbelés des allemands, à l'exception des zones importantes, le feu de canons moyens, utilisant la nouvelle amorce instantanée No.106 sur des ogives hautement explosives, ont créés des ouvertures dans les barbelés pour l'assaut de l'infanterie. Les bombardements préliminaires fut dirigé contre les jonctions de tranchées, les bunkers de mitrailleuses et autres fortifications, et les entrées de tunnels; à l'arrière, les jonctions de routes, les dépôts de munitions, et les voies ferrées ont connu une attention particulière. Les tirs harcelants ont fait leur preuve à La Somme; ils furent employés chaque nuit de manière à s'assurer que les troupes de relève et les transports ne puissent impunément approcher des tranchées. Le travail des contrebatteries (CB), l'organisation et le développement de ce qui était largement dû aux efforts du Lieutenant-Colonel (plus tard Général) A.G.L. McNaughton, a permis de localiser et neutraliser les canons ennemis à un niveau excédant tout ce qui a été connu dans des opérations antérieures.

Le général McNaughton doit être considéré comme le plus grand artilleur que ce pays ait produit, mais de ne le considérer que de ce point de vue serait un injustice envers lui. Sa grandeur s'étale sur plusieurs champs de compétence. Le but ultime de sa vie était le bien être du Canada - complètement - et ceci s'appliqua dans tout ce qu'il fit. Sa dévotion envers son pays était ce qui était le plus impressionnant chez lui. Le domaine des contrebatteries était tout nouveau, et McNaughton avec son bagage scientifique fut l'un des rares officiers des armées britannique ou canadienne ayant suffisamment de vision pour voir les possibilités des techniques de repérage d'éclair (flash spotting) et de classification du bruit (sound ranging). Sous son commandement, l'organisation de contrebatteries des corps canadien fut considérée comme la plus efficace de sa catégorie, toute armée confondue. À une époque où les pertes humaines se mesuraient en terme de milliers par jour, L'insistence de McNaughton pour le support total et continu par les canons canadiens sauva sans aucun doute des milliers de fantassins canadiens.

Le commandement général des opérations de l'artillerie fut donné à l'Officier Général Commandant de l'Artillerie Royale (General Officer Commanding Royal Artillery (GOC RA)), Corps Canadien, le Brigadier E.W.B. Morrison. Le nombre total de pièces d'artillerie lourde au niveau du Corps était de cent quatre howitzers de 6 pouces, trente-six howitzers de 8 pouces, trente-six howitzers de 9.2 pouces, quatre howitzers de 12 pouces, trois howitzers de 15 pouces, cinquante-quatre canons de 60 livres et huit canons de 6 pouces. Les Commandant de l'Artillerie Royale (Commanders Royal Artillery - CRAs) des quatre divisions canadiennes, en plus de leurs propres canons, avaient sous leur ordres un nombre de formations d'artillerie britannique pendant l'opération. Celles-ci incluaient quatre autres artilleries divisionnelles, sept brigades l'armée de campagne (i.e. régiments) et une brigade de la RHA. Le nombre total d'artillerie de campagne disponibles pour les quatre divisions comptait quatre cent quatre-vingt canons de 18 livres, vingt canons de 13 livres (Les batteries A et B de la RCHA avec les batteries C et K de la RHA), cent trente-huit howitzers de 4.5 pouces et vingt-quatre mortier de tranchée de 9.45 pouces.

Pendant les treize jours de bombardement préliminaire, plus de 85,000 tirs de munitions lourde et 190,600 tirs de munitions de campagne furent réalisés. Pendant la Phase II (du 2 au 8 avril), une période appelée par l'ennemi « la semaine de souffrance », un flot incessant d'ogives de tous calibres se déversa au dessus des têtes des canadiens des tranchées avancées. Au matin de assaut (9 avril), plus d'un million de tirs, pour un poids total de 50,000 tonnes s'était abattu sur les positions Allemandes formant un désert de cratères. Les tirs de contre batteries, 125,900 tirs dans la semaine précédant le 9 avril - s'occupèrent de 83% de, selon les estimations, 212 canons allemands.

Pendant l'assaut, Les artilleurs canadiens remirent en action neuf pièces d'artillerie capturée de l'ennemi, en plus de leurs propre canons. L'opération de Vimy demeure un exemple classique d'une attaque délibérée contre des positions solidement préparées, et de la capacité des forces attaquantes de consolider et garder ce qu'ils ont conquis. Vimy établi une nouvelle marque en préparation de l'artillerie pour traiter avec efficacité des contre attaques ennemies puissantes après la capture par l'infanterie de leur objectif.

Un truc utilisé avec succès par les artilleurs canadiens pendant la seconde guerre mondiale pourrait avoir tiré ses origines à Vimy comme moyen de défense contre les attaques de contrebatteries allemandes. Les canadiens savaient que les allemands utilisaient un clocher d'église derrière les lignes canadiennes comme point de triangulation. Ce clocher fut donc démantelé avec grand soin pendant une nuit sombre pour être reconstruit exactement tel qu'il était avant, main sur un nouveau site, suffisamment loin pour fausser les tirs de canons ennemis à plusieurs degrés de leur cible.

Le prix de la victoire durant la première guerre mondiale fut élevé. Le Canada connu 232,494 séquelles de ses batailles, incluant 10,097 sur des artilleurs. Des 59,544 décès, 2,031 étaient des artilleurs. En comptant les 534 artilleurs qui décédèrent de maladie, blessure ou d'accident, le total des décès de l'artillerie canadienne s'élève à 2,565. Les registre des décorations méritées par des artilleurs canadiens pendant le conflit inclus 93 Distinguished Service Order, 308 Military Cross, 195 Distinguished Conduct Medals et 1,170 Military Medals. De plus, 658 artilleurs canadiens eurent des mentions et un certain nombre reçurent des décorations étrangères.

La guerre de 1914-1918 a contribué significativement à la croissance et à l'efficacité de l'Artillerie Royale Canadienne. La coopération intime entre l'artillerie et l'infanterie, qui est le premier prérequis des guerres modernes ne trouva pas de meilleur exemple que dans la relation productive qui exista entre les artilleurs et les autres armes qu'ils supportèrent parmi les corps canadiens. Le Général Currie chercha toujours à exploiter la puissance des canons à sa pleine limite dans le but de sauver un maximum de fantassins. Dans les deux dernières années de la guerre, quand la pénurie de munitions d'artillerie fut résorbée, les artilleurs canadiens devinrent très généreux à dépenser les munitions pour donner à l'infanterie le support adéquat pour mener les assauts.

LES ANNÉES D'ENTRE-GUERRE 1919 - 1938

La première guerre mondiale plaça des limites très claires quant au rôle de l'artillerie à chevaux. En 1918, le Gouvernement canadien renversa la décision prise par le Premier Ministre Balfour en 1903 (en faveur de feux différent types d'artillerie légère). Les contingents canadiens abandonnèrent leurs canons de 13 livres au retour de la guerre. Le Ministère de la Défense fit du canon de 18 livres l'arme uniforme d'après guerre tant pour l'artillerie à chevaux que pour l'artillerie de campagne au Canada.

La philosophie de la « Guerre qui devait terminer toutes les guerres » qui resta dans la pensée publique après la guerre, eut comme conséquence l'indifférence politique pour les sujets d'ordre militaire, créant un climat dans lequel il était difficile de supporter les dépenses de fonds sur la défense. Il fut décidé de maintenir un noyau de jeunes officiers, sous-officiers et spécialistes autour duquel une expansion pourrait être rapidement réalisée en cas d'urgence. Ainsi, entre les deux guerres mondiales, la force permanente d'artillerie était petite et consistait de la Brigade du RCHA, d'une batterie moyenne, des éléments côtiers et de deux Écoles d'Artillerie. La Brigade du RCHA avec ses batteries A et B fut localisée à Kingston avec la 3ème Medium Battery et la 4ème Batterie Antiaérienne. La Batterie C du RCHA fut localisée à Winnipeg.

Pendant les années 1920 le nombre autorisé de batteries d'artillerie de milice non-permanente augmenta de 59 à 121. Ils s'entraînaient à leurs manèges locaux en hiver et passaient une semaine en camps de pratique l'été. Ces unités étaient petites, en dessous de leur effectif autorisé, mais vives, à en juger par l'enthousiasme démontrée par la plupart aux compétitions annuelles stimulées par l'Association de l'Artillerie Royale Canadienne (RCAA). Les camps étaient dirigés par le RCHA et les Écoles d'Artillerie, et étaient tenus à Petawawa, Shilo et Sarcee.

En 1924 L'Artillerie de Garnison Royale Canadienne (RCGA) abandonna l'expression « de Garnison » de son nom. Au même moment, les compagnies furent renommées batteries de l'Artillerie Royale Canadienne. Plusieurs unités de Milice connurent des changements de nomenclature, et les termes « Artillerie de campagne Canadienne » et « Artillerie de garnison Canadienne » disparurent des unités de milice.

En 1929, l'inévitable mais triste jour arriva où l'ARC fut informée qu'elle devait se mécaniser. Tous étaient devenus profondément attachés aux chevaux et chaque cheval se voyait assigner un numéro et un nom, ce dernier commençant par la lettre de la batterie. Il y a peu de spectacles militaires plus pittoresque qu'un d'artillerie à chevaux, et les foules ont toujours montré un grand intérêt quand les batteries se présentaient sur les rues et les boulevards. Il est noté que lorsque la batterie B se dirigea au camp de Petawawa à l'été 1909, les habitants de Smiths Falls, lorsqu'ils eurent vent qu'un arrêt était prévu aux alentours de leur ville, achetèrent et installèrent 300 pieds de tuyauterie pour abreuver les chevaux.

La première unité à se mécaniser fut la 3ème Batterie moyenne. Elle reçue quatre tracteurs Leyland à 6 roues en 1929 pour tirer ses canons de 60 livres. Les batteries A et B du RCHA furent mécanisées en 1930. Ce ne fut qu'en 1937 que la batterie C se sépara de ses derniers chevaux. En 1931, sept brigades de campagne, une brigade moyenne et une batterie moyenne furent placées sur la liste des unités mécanisées, mais il fallu quelques années avant que ces unités ne virent leur équipement.

Entre 1922 et le début des années trente, quand les chevaux furent remplacés, les trois batteries du RCHA présentaient le Musical Drive dans divers événements pour le publique. Ce spectacle equestre très populaire était basé sur le renommé spectacle présenté annuellement à Olympia par le RHA. Les Musical Drives avaient trois objectifs principaux. Comme spectacles haut en couleur et à grand déploiement, ils avaient pour rôle de stimuler et maintenir l'intérêt envers l'Armée Canadienne et l'artillerie en particulier. Ils servaient à encourager le recrutement chez les jeunes hommes, pour qui les talents variés nécessaires aux métiers d'artillerie présentaient un attrait. Par dessus tout, pour les artilleurs, les Musical Drives développaient l'excellence dans les techniques nécessaires pour conduire des équipes de canons à six chevaux. Ils élevaient à un très haut niveau les soins donnés aux chevaux et l'entretien de l'équipment et ils donnaient aux soldats un intérêt spécial dépassant la routine journalière du service en temps de paix. Partout où le Musical Drive était présenté, des milliers de spectateurs remplissaient tous les sièges étaient subjugués par les équipes de six chevaux traînant les lourds canons et leur attelage au plein galop autour de l'aréna. Le dernier Musical Drive fut présenté à Winnipeg en 1933, quand le Capitaine « Ham » Roberts (qui, 19 ans plus tard, en tant que Major-Général J.H. Roberts, commandera les forces prenant part à l'attaque de Dieppe) organisa la présentation de la batterie C.

Pour contrer les évolutions réalisées au niveau de l'aviation, le premier élément de la force permanente antiaérienne de l'ARC fut établi en 1937 à Kingston. Nommée la 4èmeBatterie Antiaérienne, elle était équipée avec quatre canons de 3pouces 20 cwt et réalisèrent les premiers tirs d'entraînement à Point Petre sur le Lac Ontario à l'automne 1938. Les années suivantes elle fut assignée outre-mer, faisant partie du 2èmeRégiment antiaérien léger.

Le manque d'investissement sur la défense pendant la période d'entre-guerre a eu un impact sur l'armée canadienne. Malgré l'évolution de la tension internationale à partir de 1932, le Ministère de la Défense s'engagea dans la Deuxième Guerre Mondiale avec des équipements peu adaptés aux combats. Un rapport du Ministre de la Défense en 1935 révélait un triste manque d'équipement moderne pour les trois éléments. Il fallu encore trois ans avant qu'une planification ne soit mise en place pour réarmer. Malheureusement, la crise montante en Europe causa des retards ou même des annulations de commandes d'équipements. Sans ses propres industries dédiées à la défense, le Canada dû attendre son tour pour que des équipements à jour deviennent disponibles.

LA DEUXIÈME GUERRE MONDIALE 1939-1945

Le début de la guerre trouva des artilleurs canadiens s'entraînant encore avec des armes que leur père avaient utilisés en 1918. Les forces qui se sont mobilisées avec une vitesse et une efficacité appréciables lorsque commença les hostilités dûrent attendre plusieurs mois avant qu'ils ne puissent être entièrement réarmés avec de l'équipement moderne.

Le 25 Août 1939, eut égard aux tensions croissantes en Europe, des volontaires du NPAM furent appelés à prendre position sur les lignes de défense côtière, et la 4ème Batterie Antiaérienne fut amenée de Kingston à Halifax. Le 10 septembre, le Canada déclara la guerre. En deux jours, chacune des batteries de la force permanente avait envoyé 25 membres de son personnel dans différentes villes à travers le pays afin d'agir comme instructeurs d'artillerie adjoints pour les unités de milice locales. Là où ils étaient disponibles, Des canons de 18 livres et des howitzers de 4.5 pouces ayant fait la première guerre furent utilisés pour l'entraînement. D'autres unités durent improviser avec du mobilier des casernes et des contours de canons dessinés à la craie sur le plancher.

Le 3 décembre, la 1ère division d'artillerie commença à se rassembler à Halifax, et le 10 décembre, le premier convoi quitta en direction de l'Angleterre. L'entraînement en Angleterre fut initialement entravée par le manque d'équipement qui commença bientôt à arriver.

Les Régiments de campagne (les termes « Brigade de campagne » furent abandonnés au début de la guerre) évoluèrent du canon de 18 livres au canons de 18/25 livres et finalement au nouveau canon howitzer de 25 livres et le canon automobile de 25 livres Sexton. Les régiments moyen reçurent des canons de 5.5 pouces et de 4.5 pouces. Les régiments antichar (une innovation de cette guerre) furent équipés au départ avec les, plutôt inefficaces, canons de 2 livres, ensuite par les plus efficaces canons de 6 livres, suivi des canons remorqués de 17 livres, des canons automobiles de 17 livres et des canons automobiles américains M10 de 3 pouces.

Les batteries légères d'artillerie antiaérienne (LAA) furent équipées avec les canons fiables de 40mm Bofors pour attaquer les aéronefs en basse altitude, alors que l'artillerie lourde antiaérienne (HAA) protégeait contre les aéronefs en haute altitude avec des canons de 3.7 pouces. Plus tard dans la guerre, lorsque les Alliés eurent établi la suprématie aérienne, les canons antiaérien furent souvent employés avec un effet dévastateur dans un rôle au sol en support d'unités d'infanterie.

La 3ème artillerie divisionnelle était spécialement équipée avec des howitzers américain de 105mm pour le débarquement initial en Normandie, et retournèrent à leurs canons de 25 livres ensuite. À la fin de 1944 la 1ère Batterie de Missiles fut formée et fut équipé de 12 lance missiles, chacun d'eux pouvant lancer 32 missiles explosifs. Les officiers d'artillerie prirent aussi l'air avec la formation de trois escadrons d'observation aérien (Air Observation Post - OP). Ces pilotes d'OP dirigeaient les tirs d'artillerie de leur avion Auster alors qu'ils volaient au dessus des lignes de défenses avancées.

Le 1er Régiment de campagne du RCHA fut le premier régiment de canon à « rendre visite » au continent la tentative de faire avorter l'invasion allemande de la France en juin 1940. Ils ne restèrent qu'un maigre quatre jours, et ils eurent presque à abandonner leurs canons quand le quartier général britanniques que tout les canons et autres équipements soient détruits de manière à assurer d'avoir suffisamment de place pour l'évacuation du personnel. La détermination et l'entêtement du Commandant, le lieutenant-colonel J.H. Roberts en eut raison, et le régiment fut le seul à retourner en Angleterre avec ses canons.

La première armée canadienne en Europe, qui était initialement commandée par le Général A.G.L. McNaughton, puis par le Général H.D.C. Crerar (les deux des artilleurs), était composée de deux Groupes d'artillerie/armée (artillery Army Groups - AGRA), cinq artilleries divisionnelles et deux corps d'artilleries comme support de tir primaire. L'ARC eut éventuellement à jouer une partie importante dans les campagnes en Sicile, Italie et en Europe du Nord-Ouest.

Des éléments du 2ème artillerie divisionnelle - préparés à prendre les canons allemands capturés - débarquèrent à Dieppe en 1942. En 1943, les canons de la 1ère Division supportèrent les tanks et l'infanterie canadienne à travers de la Sicile. Ensuite, en sol Italien, la 1ère artillerie divisionnelle, augmentée plus tard par la 5ème divisionnelle et le 1er Corps d'Artillerie, assistèrent à ouvrir un voie dans les divisions d'élites aéroportées allemandes devant Ortona, dans les lignes de Gustave, Hitler et les lignes gothiques jusqu'aux plaines de Lombardie.

Le 6 Juin 1944, les artilleurs de la 3ème Division accompagnèrent la première vague d'infanterie dans le débarquement sur les plages de Normandie, faisant feu de leurs howitzers automobiles de 105mm à partir des ponts de leur plates-formes de débarquement. Ce fut suivi de la fuite, Falaise Gap, la montée des côtes du canal, le passage de la Belgique jusqu'au Scheldt, le coup asséné au sud-est dans le Hochwald et la bataille du Rhin. Nombre de tis de barrages, de concentrations et des bombardements incessants furent tirés en support de la 1ère Armée Canadienne dans ses pires affrontements avec les allemands.

Un total de 89,050 officiers et hommes servirent dans l'Artillerie Royale Canadienne pendant la Deuxième Guerre Mondiale. De ceux-ci, 57,170 servirent en Europe (incluant les artilleurs canadiens attitrés aux défenses antiaériennes qui protégeaient des villes du Royaume Unis), à Terre-Neuve, aux Îles Aléoutiennes et aux Caraïbes. Le reste servi au Canada en défense locale dans des unités de campagne, antiaérienne et côtière ainsi que dans les écoles et les dépôts. Il y avait trois artilleries divisionnelles au Canada formées dans la 6ème, la 7ème et la 8ème Division de Défense Locales. Une Division du Pacifique, avec son artillerie divisionnelle, formée en 1945, constituée de volontaires pour l'extrême orient, était à l'entraînement au Canada et aux États-Unis quand la guerre avec le Japon se termina. À la fin de la guerre en 1945, une autre artillerie divisionnelle fut formée pour travailler dans la force d'occupation canadienne en Allemagne.

La puissance de feu d'artillerie totale disponible à la Première Armée Canadienne en Europe à la fin de la guerre comptait :

  • 15 régiments de campagne (264 canons de 25 livres remorqué, 48 25 livres automobile Sextons, 48 105mm automobile Priests) ;
  • 6 régiments moyen (48 canons de 5.5 pouces, 48 canons de 4.5 pouces) ;
  • 7 régiments antichar (150 canons de 17 livres remorqués, 150 canons de 17 livres automobile) ;
  • 1 régiment lourd antiaérien (HAA) (24 canons de 3.7 pouces) ;
  • 7 régiments léger antiaérien (60 canons de 40mm remorqués, 108 canons de 40mm automobile, 84 canons de 20mm quad-mounted) ;
  • 32 véhicules de postes d'observation (OP) ; et
  • 1 batterie de missiles (36 lance missiles Land Mattress).

    Les développements en artillerie jouèrent un grand rôle dans la victoire des Alliés lors de la Deuxième Guerre Mondiale. Malgré qu'il n'y ait pas eut de changement révolutionnaire aux armes de l'artillerie depuis la Première Guerre Mondiale, il y eut des améliorations significatives aux niveaux des portées, de l'efficacité des munitions, de l'entretien et de la mobilité des canons. Ces améliorations incluent la combinaison réussie des caractéristiques des canons (haute vélocité) et des howitzers (haute trajectoire) dans le canon de 25 livres et le développement de l'artillerie automobile. De nouveaux types d'armes d'artillerie firent leur apparition lors de la Deuxième Guerre Mondiale comme les canons antichar et les missiles de barrage (e.g. Land Mattress et Nebelwerfer allemands).

    Les artilleurs canadiens jouèrent un rôle important dans un bon nombre de développements en artillerie. L'un d'eux fut le développement d'une salve antichar discarding sabot antichar round, qui permettait à des canons existants de tirer des salves à plus grandes velocités capable de causer des dommages sérieux aux plus blindés des tanks. Les allemands avaient produit des canons coniques tirant des salves en forme de flèche, ce qui donnait de plus grandes vélocités mais utilisait de l'équipement lourd et donnait des tirs beaucoup moins précis dû à l'instabilité causée par la déformation du projectile lorsqu'il était compressé en passant dans le cône. Général A.G.L. McNaughton résolu ce problème en développant un petit obus pouvant être tiré par un canon de gros calibre. La différence de calibre était compensée par un pot de métal ou de plastique dans lequel on plaçait l'obus, et qui servait à guider le projectile pour le stabiliser. La partie avant du projectile était gardée en place par un bandeau dentelé à trois pétales. Quand la salve était tirée, l'accélération brisait les dentelures, et quand l'obus quittait le canon, la rotation et la pression de l'air amenaient les pétales à tomber aux côtés, alors que la pression faisait en sorte que lo pot retombait. Ainsi, un petit projectile, comme un obus de 2 livres, tiré par un canon de 25 livres recevait une impulsion beeaucoup plus grande, résultant en une amélioration significative de la vélocité et par conséquent d'une plus grande pénétration des blindages. Des tests avec le « Super Velocity Discarding Sabot (SVDS) » furent réalisés en France en septembre 1944 par le 3ème Régiment Antichar de l'ARC, et ce projectile fut ensuite utilisé contre des blindés ennemis avec d'excellents résultats pour le reste de la guerre. Ce type de munitions, avec des améliorations subséquentes, est le principal type de munitions antichar utilisées dans les tanks modernes. La différence principale est dans le format et la forme des projectiles sous-calibrés et le matériel utilisé dans sa construction. Les matériaux utilisés aujourd'hui incluent le carbure de tungsten et l'uranium appauvri.

    Les canadiens prirent aussi part dans le plus important développement en artillerie de la guerre - la capacité pour un commandant allié de rapidement amener le tir d'une vaste concentration de canons (d'artilleries de division, de corps ou même d'armées) en une même cible en une courte période de temps. Ceci demanda le développement d'équipements de communications fiables, d'approches plus efficaces, rapides et précises de surveillance des champs de batailles et l'amélioration des méthodes de contrôle des tirs, des procédures de commandement et de planification de tir. La mise en place de ce système demanda un haut niveau de compétence dans toutes les troupes de toutes les batteries. La plupart des tirs de concentration pendant la guerre furent réalisées au niveau divisionnel, où le commandant avait à sa disposition les tirs de trois régiments de campagne et occasionnellement, le tir de formations en flanc ou plus élevées. Lors de batailles majeures, contrôlées au niveau d'un corps ou d'une armée au complet, un millier de canons ou plus pouvaient être impliqués dans un tir de concentration.

    Un bon exemples de l'efficacité des artilleries canadiennes et britanniques offrant des tirs précis et de masse eut lieu au début de février 1945 pendant l'Opération Véritable - L'attaque de la Première Armée Canadienne de Nijmegen au sud-est du Rhin. Général Crerar dû faire un attaque frontale contre trois zones fortifiées, chacune fermement ancrée sur le Rhin. Les défenses incluaient deux ou trois lignes de tranchées reliant des fortifications et renforcées par des fossés antichars. Quelques villages entre la seconde et la troisième zone avaient été hautement fortifiée. L'objectif final du général Crerar était à 40 milles de ses lignes avancées. Étant donné cette complexité, L'Opération Véritable fut planifiée en trois étapes, avec suffisamment de temps entre chacune pour regrouper l'infanterie et les blindés et de déplacer l'artillerie de support à portée de tir de leurs nouvelles cibles. Le général Crerar avait le 30ème Corps Britannique sous ses ordres, alors que le 1er Corps Britannique aurait pour rôle de servir d'ancrage et de leurre plus au sud. Étant donné la faible distance entre le Rhin (au nord) et le Maas (au sud), l'assaut initial serait porté par les cinq divisions du 30ème Corps (incluant la 2ème Division Canadienne), et alors que la distance s'élargit, Le 2ème Corps Canadien se joindrait à l'attaque sur le flanc gauche.

    Le support d'artillerie pout l'opération fut prévu pour être un facteur déterminant de la réussite de la bataille. Le plan de tir du 30ème Corps était prévu de manière à prendre un avantage de 14:1 en artillerie Alliée versus Allemande dans l'usage de tirs massifs de canons pour ouvrir une voie pour l'infanterie dans les défenses ennemies. Le plan de tir demandait :

  • un bombardement préliminaire pour empêcher l'ennemi d'interférer avec l'assaut initial ;
  • une saturation complète des défenses ennemies ;
  • la destruction des positions fortifiées connues ;
  • des tirs de support immédiats pour l'attaque ; et
  • l'utilisation maximale des tirs des régiments moyens sur Materborn, à 12,000 verges de la ligne initiale, sans avoir à avancer.

    Les tirs de sept artilleries divisionnelles furent augmentés par cinq groupes d'artillerie/armée (AGRA) et deux brigades antiaérienne avec des unités artillerie de corps et d'armée, pour un total de 1034 canons (en plus des canons de 17 livres et de 40mm Bofors utilisés avec les tanks, mortiers et mitrailleuses afin de « poivrer » les cibles choisies). Toutes les localités ennemies connues tels quartiers généraux et sites de communications furent ciblées. Approximativement six tonnes de munitions furent utilisées sur chacune des cibles. Les défenses de béton de Materborn furent soumises au tirs des canons de 8 pouces et des 240mm du 3ème Régiment d'Artillerie Royales Super Lourde située avec le 1er Corps Britannique au sud.

    Le plan de tir débuta avec les tirs préparatoires de 5h à 9h45 au jour J (8 février 1945). Il fut suivi par un tir de barrage planifié pour supporter l'avance des trois divisions centrales. Ce barrage dura pendant soixante-dix minutes sur les positions initiales et avait 500 verges de profondeur. À l'heure H, le barrage avança de 300 verges, et ainsi à toutes les douze minutes de manière à permettre l'avance de l'infanterie et des blindés sur un terrain difficile.

    Une nouvelle approche fut introduite au plan pour le bombardement préliminaire. Entre 7h30 et 7h40, un écran de fumée fut lancé devant le front, suivi de 10 minutes de silence complet. Il était espéré que l'ennemi, assumant que l'écran de fumée masquait l'assaut principal, utiliserait son artillerie, exposant ainsi la position de ses canons. Des détecteurs d'éclairs et de sons et divers enregistreurs des batteries de localisation tenteraient de déterminer la position des batteries ennemies, permettant aux tirs de contre batteries de neutraliser ces canons avant l'heure H.

    Un programme massif de lancement de munitions fut réalisé par le 2ème Corps Canadien avant l'assaut. Plus d'un demi million de salves, d'un poids de plus de 10,000 tonnes, furent tirées - 700 salves par canon pour les positions de campagne et 400 salves par canons pour les positions moyennes. De plus, 120 voyages de camions par division de munitions pour canons de 40mm, 17 livres, 75mm et 12.7mm fut tirés pour les besoins du « poivrage ». Plus de 10,000 missiles de trois pouces pour les batteries Land Mattress furent utilisées.

    Étourdis par la férocité d'un bombardement préliminaire de plus de 500,000 salves de munitions de diverses natures, et atterrés par l'énorme barrage qui a utilisé plus de 160,000 obus, les troupes ennemies, désorganisées, offrirent peu de résistance à l'assaut de l'infanterie et des blindés. L'efficacité des programmes de contre batteries et des contre mortiers fut noté par le peu de tirs de canons de mortiers allemands. La plupart des pertes Alliées, qui furent relativement faibles, furent causées par des mines plutôt que par des tirs d'artillerie ou d'armes à feu. Les enquêteurs ont su que le bombardement a eu un effet dévastateur sur le moral des troupes ennemies, leur donnant un sentiment d'incapacité total et d'isolation, avec l'idée claire qu'aucun renfort ne soit possible. Les tir d'artillerie ont aussi réussi à perturber sérieusement les lignes de communication et d'approvisionnement allemandes.

    Les succès de cette opération sont largement dûs aux facteurs aidants d'un programme de tir bien préparé, de munitions soigneusement choisies, des données météorologiques améliorées et des canons récemment calibrées. La large préparation a aidée a offrir un support d'artillerie efficace aux opérations. Toutefois, ça ne s'arrête pas là. L'artillerie continua à offrir un support continu avec des barrages, écrans, support direct et des tirs de contre batterie jusqu'à ce que l'ennemi ne soit finalement battu trois mois plus tard.

  • VIGILANCE D'APRÈS-GUERRE

    En mai 1945, l'Artillerie Royale Canadienne contribua de trois régiments de campagne, un régiment antichar et un régiment antiaérien léger à la Division Canadienne servant de forces d'occupation dans la Zone Britannique d'Occupation. Ils y demeurèrent jusqu'à l'été 1946. La plupart des unités restantes de l'Armée, lesquelles avaient été activées pendant la guerre, furent désactivées ou transferées à la force de réserve. En 1947, La Force active de l'Armée Canadienne fut établie avec un effectif autorisé de 25,000 hommes, complétée par une Force de Réserve de 50,000 hommes. En 1946, le 1er Régiment de campagne RCHA, fut renommé le 71ème Régiment RCHA, et fut déménagé à Shilo, Manitoba, lorsque cette base fut choisie comme site permanent de l'École Royale d'Artillerie Canadienne (RCSA) (de campagne, moyenne et antichar).

    L'artillerie de la Force Active consistait alors du 71ème Régiment RCHA, de la 68ème Batterie moyenne, et de la 127ème Batterie Antichar à Shilo, de la 128ème Batterie HAA et de la 129ème Batterie LAA à Picton, Ontario, et de la Section E Signaux (71ème Régiment RCHA) du Royal Canadian Corps of Signals. En plus de l'école de Shilo, deux autres furent formées: RCSA (AA) à Picton, et RCSA (Défenses côtières et antiaériennes) à Halifax. En 1948, la 129ème Batterie LAA fut renommée HAA et déménagea à Esquimalt, Colombie-Britannique, avec une Section d'entraînement d'artillerie côtière : RCSA West Coast. L'école d'Halifax fut renommée « RCSA East Coast » la même année.

    Vers la fin de 1950, l'organisation d'après-guerre de l'artillerie de la Force active Force fut soumis à plusieurs changements. En 1949, le 71ème Régiment RCHA repris sa désignation antérieure de 1er Régiment de campagne RCHA. En 1950, il avait sous son commandement la 1ère Batterie Légère (aéroportée), qui devint plus tard la Batterie Z, et était armée d'howitzers de 75mm et de mortiers de 4.2pouces. Un emphase grandissant vers la défense aérienne eut comme conséquence la formation de quatre batteries composites antiaérienne avec la conversion de la 127ème Batterie Antichar et la 128ème Batterie HAA et la 129ème Batterie LAA ensemble avec l'autorisation de la 119ème Batterie AA Composite. De plus, l'école RCSA East Coast fut renommée la 49ème Batterie Côtière. Ceci ne laissait que les trois écoles d'artilleries :à Shilo, Picton et Esquimalt.

    LA GUERRE DE CORÉE 1950-1953

    Le 2ème Régiment de campagne RCHA fut levé à Shilo en 1950 pour agir sous l'égide de la Force Spéciale de l'Armée Canadienne destinée à supporter les opérations de l'ONU en Corée (le terme « de campagne » fut abandonné des titres des unités du RCHA en 1951). Des volontaires vinrent du 1er RCHA, des Écoles et de diverses unités d'artillerie de milice. Lors du déplacement en train vers Fort Lewis, Washington le 21 novembre 1951, la tragédie frappa. Le train de la troisième troupe entra en collision avec un train de passagers à l'est de la rivière Canoe en Columbie-Britannique. Les passagers du train s'en tirèrent sans blessure, mais 17 artilleurs dans les deux premiers wagons du train des troupes furent tués et 33 furent blessés lorsque les wagons tombèrent d'un remblai et furent détruits. Quatre corps ne furent jamais récupérés.

    Le 2ème RCHA arriva avec ses vingt-quatre canons de 25 livres en Corée le 4 mai 1951, et fut mis à l'action deux semaines plus tard. En mai 1952, les combats en support du 25ème Groupe Brigade de l'Infanterie Canadienne, et plus tard avec la 1ère Division du Commonwealth, le 2ème RCHA dépensa plus de 300,000 salves de munitions, et fut considéré comme l'une des unités les plus efficaces de l'Artillerie Divisionnelle du Commonwealth. Cette réputation fut conservée par le 1er RCHA lorsqu'il replaça le 2ème Régiment en mai.

    Dans la 25ème Brigade, la plupart des raids furent réalisés par le 1er Bataillon du Régiment Royal Canadien (RCR), supporté par la Batterie A, du 1er RCHA. Un lien d'admiration mutuel grandi entre la batterie et le RCR au point où les canons de la batterie arboraient le logo du RCR. Une lettre du Commandant du 1er RCHA, le lieutenant-colonel E.M.D. (Teddy) McNaughton (qui changea en mars 1953 son surnom pour Leslie), au Commandant de l'unité d'infanterie vient confirmer ce fait. Une phrase de cette lettre viendra vite hanter la Batterie A : « C'est aussi mon intention que su le jour viens, duquel le Seigneur nous protège, qu'un canon de la Batterie A tire court sur le Régiment Royal Canadien, ce canon et toute la sous-section dès lors et pour vingt-cinq ans ne pourront avoir le grand honneur et la distinction de porter les couleurs du Régiment Royal Canadien. » Ce fut avec une franchise remarquable mais sans doute non sans peine qu'un peu plus d'un mois plus tard les journaux régimentaires fit mention de l'abandon de ce privilège par un canon de la Batterie A. Pour les membres embarrassés de ce détachement de canons, 1977 doit avoir semblé très loin ! Deux ans plus tard, toutefois, eut égard à la valeur du support donné par le 1er RCHA au RCR, Le commandant de l'unité d'infanterie demanda que la pénalité soit annulée, et depuis ce temps, la Batterie A porte avec fièrté le logo du RCR sur tous ses canons.

    Les 79ème et 81ème Régiments de campagne RCA furent formés en 1951 et 1952 respectivement, par la mobilisation de six batteries de milice pour servir en Europe sous l'égide de la Brigade Canadienne avec L'OTAN. Le 1er RCHA passa le flambeau au 81ème Régiment de campagne RCA en avril 1953. Le 81ème Régiment d'Artillerie de campagne servit en Corée jusqu'à neuf mois après l'armistice en juillet 1953. En novembre 1953 sa désignation fut changé pour le 4ème RCHA dans la réorganisation de l'Armée Canadienne qui vit la formation de la 1ère Division d'Infanterie Canadienne comme faisant partie de l'engagement du Canada envers l'OTAN. De plus, le 79ème Régiment de campagne RCA fur renommé 3ème RCHA. Après avoir servi en Allemagne pendant 2 ans, le 3ème RCHA remplaça le 4ème RCHA en Corée durant le printemps de 1954. Le 3ème RCHA resta en Corée pendant 29 semaines. Des 1,543 pertes de l'Armée Canadienne en Corée, l'artillerie connu la perte d'un officier et de 8 hommes, 2 officiers et 25 hommes blessés, et un officier et un homme fait prisonniers.

    ARTILLERIE DE LA FORCE DE RESERVE DANS LE CANADA D'APRÈS-GUERRE

    La Force de Réserve (qui a remplacé la Milice Active Non-Permanente) fut aussi réorganisée après la guerre, et l'artillerie se vit autoriser six divisions et corps. Ceci permit le support de six quartiers-généraux divisionnels de l'ARC, huit régiments moyens, vingt régiments de campagne, huit régiments antichar, neuf régiments HAA, dix-huit régiments LAA, cinq régiments d'artillerie côtière, deux régiments de surveillance et neuf salles d'opération de canons antiaériens.

    Ceci dura jusqu'en 1954 lorsqu'une seconde réorganisation resulta en une réduction substantielle du personnel de l'artillerie. Dans ce tumulte, les artilleries côtières et antichar s'éteignirent, et l'artillerie de milice ne consistait que de 21 régiments de campagne, six régiments moyens, trois batteries moyenne indépendante, neuf régiments HAA, deux batteries de défense des ports, un régiment de localisation et une batterie de contrôle des tirs antiaériens. Il fallu attendre environ 10 ans avant qu'aucun autre changement majeur n'affecte l'artillerie de milice.

    En 1959 le mot « Artillerie » fut autorisé à être incorporé dans le titre de chacune des unités de milice d'artillerie -e. g. 6ème Régiment d'Artillerie de campagne RCA.

    Le 1er février 1968, les trois services du Canada cessèrent d'exister comme des entités séparées. L'intégration amena la fusion de ces services pour former ce qui est maintenant appelé les Forces Armées Canadiennes. Avec ce changement vint de sévères réductions dans les effectifs de la milice. Les unités d'artillerie de la force de réserve furent soit convertis en régiments d'artillerie de campagne, soit démantelée ou converties à une autre arme. Aujourd'hui, l'artillerie de la force de réserve compte 15 régiments d'artillerie de campagne, deux régiments de défense antiaérienne et deux batteries d'artillerie de campagne indépendante. Une batterie de défense antiaérienne additionnelle, la 58ème Batterie de défense antiaérienne fait partie du 6ème Régiment d’artillerie de campagne RCA (6 RAC). Les régiments d'artillerie de campagne opèrent des howitzers C3 105mm remorqués, une version à longue portée du C1. Les régiments de défense antiaérienne et la 58ème Batterie opèrent le Javelin S-15 (Starburst) Air défense Missile System.

    SERVICE AVEC LES BRIGADES DE L'OTAN 1951-1992

    En 1951, le 79ème Régiment de campagne RCA se joint au nouvellement formé 27ème Groupe Brigade d'Infanterie Canadien (CIBG) en Allemagne du nord sous le commandement de l'Armée Britannique du Rhin (BAOR). Au lieu du canon de 25 livres, le canon standard de l'artillerie de campagne au Canada, le régiment reçu initialement le howitzer américain remorqué de 105mm - le canon standard de l'OTAN à ce moment. Peu après, toutefois, le régiment retourna à ses canons de 25 livres de manière à régler ses problèmes d'approvisionnement et de manque d'uniformité avec les unités Britanniques. Le régiment fut d'abord basé à Hohne, et plus tard au Fort Prince de Galles, près de Soest dans la vallée du Ruhr. Renommé le 3ème Régiment RCHA en 1953, le régiment fut remplacé en novembre 1953 par le 2ème RCHA pendant le changement de garde du 27 CIBG par le 1 CIBG. Pendant les treize années suivantes, les 1er, 2ème, 3ème et 4ème RCHA allèrent en rotation en Allemagne. En 1967 le 1er RCHA devint le régiment d'artillerie permanent en Allemagne à l'intérieur du 4ème CIBG (plus tard le 4ème Groupe Brigade Mécanisée du Canada (CMBG) lorsque l'Armée remplaça ses transports de troupes sur roue avec des transports de personnel blindés à chenilles). Le Régiment déménagea plus au sud à Schwarzwald (Forêt Noire) avec le reste du groupe brigade en 1970, pour devenir le Groupe d'Armée Central de la force de réserve, et fut basé à Lahr en Allemagne. Il y resta jusqu'en 1992, lorsque le groupe brigade commença à se retirer de l'Europe.

    RÉARMEMENT ET REORGANISATION - DU MILIEU DES ANNÉES 1950 À NOS JOURS

    À la fin de 1954, outre les quatre régiments du RCHA, le passage vers une organisation divisionnelle de l'artillerie inclut la formation d'un Quartier-Général Divisionnel de l'ARC, du 1er Régiment LAA, de la 1ère Batterie de localisation et du No.1 Air OP Flight. L'artillerie antichar fut pris en charge par un autre corps. Dans le domaine antiaérien, les systèmes de missile en développement et les vitesses augmentées des aéronefs semblaient impliquer que l'utilité des canons comme arme de défense antiaérienne était diminuée. La défense nationale recommença à sembler trop coûteuse lorsque mesurée contre des utilisations alternatives des fonds publics disponibles.

    Une Batterie d'entraînement des Soldats apprentis fut formé à Shilo en septembre 1954. Ce programme permettait à de jeunes garçons de 16 ans de s'enrôler pour un entraînement académique et militaire combiné de deux ans. La batterie produisit des sous-officiers potentiels jusqu'à sa fermeture en juin 1967. 1956 vit la naissance du Dépôt de l'ARC à Shilo au Manitoba. Le dépôt prenait en charge l'entraînement des artilleurs recrus tant pour les unités d'artillerie de campagne que pour les unités d'artillerie antiaérienne. C'était la seule source de d'artilleurs recrus jusqu'au 15 mai 1968 lorsque le dernier peloton (#164) complétèrent leur parade de graduation.

    Au début des années cinquante, chacun des quatre régiments de la Force Régulière eurent une quatrième batterie armée de mortiers de 4.2 pouces. Au milieu des années cinquante, les régiments du RCHA échangèrent leurs canons de 25 livres pour des howitzers remorqués américains de 105mm M1A1 (le C1 dans sa forme canadienne), et en 1958, remplacèrent les mortiers de 4.2 pouces des batteries légères par des howitzers moyens de 155mm M114 remorqués. Les régiments de milice remplacèrent éventuellement leurs canons de 25 livres avec les nouveaux howitzers de 105mm à mesure qu'ils devenaient disponibles. En 1968, le 1er RCHA remplaça ses canons remorqués par des howitzers automobiles M109A1 de 155mm.

    Le 1er Régiment LAA de l'ARC fut formé en Octobre 1953. Il consistait en un QG avec les 2ème et 3ème Batteries LAA, et il était situé avec le RCSA (Antiaérien) à Picton en Ontario. La batterie restante, la 4ème Batterie LAA était à Esquimalt. Le Régiment était à l'origine équipé de 40mm Bofors, mais convertirent au canons de 90mm et au équipements de contrôle de tir M33C en 1955. La 4ème Batterie LAA d'Esquimalt fut réduite à un effectif nul en 1957. Le reste du régiment continua à opérer pendent trois ans supplémentaires pendant lesquels il aida à former des artilleurs antiaériens de la milice.

    Des modifications aux politiques de la défense eurent comme conséquence le démembrement du 1er Régiment LAA en septembre 1960. La majorité de son personnel furent assignés à former deux nouvelles unités : les 1er et 2ème Batteries de Missiles Surface-to-Surface(SSM) ARC - à Hemer en Allemagne (avec le 4ème CIBG) et Shilo respectivement. Chacune des batteries fut équipée avec quatre lance missiles 762mm « Honest John ». Le « Honest John » est une arme nucléaire tactique capable de lancer un ogive nucléaire de 1 kilotonne sur une distance de 40 km. C'était le début du rôle nucléaire de l'ARC. Les Batteries SSM demeurèrent en service jusqu'en 1970, lorsque le rôle du Groupe Brigade Canadien de l'OTAN fut réduit, et que le Groupe Brigade fut relocalisé à CENTAG.

    Avec la fermeture du 1er Régiment LAA et du RCAS (AA) à Picton en 1960, la seule école d'artillerie restante était à Shilo. L'école y demeura jusqu'en 1970, lorsqu'elle fut déménagée à Gagetown avec les écoles d'infanterie et de blindés (Le titre « Royal » fut abandonné des différentes écoles d'armée lorsque les services furent intégrés en 1968). Elles formèrent l'École des armes de combat, faisant partie du Centre d'Entraînement du Combat à la BFC Gagetown.

    La formation de la 1ère Batterie Divisionnelle de Localisation en 1954 à Shilo marqua la réapparition d'une unité de localisation dans l'Ordre de Bataille de la Force Régulière après une absence de neuf ans. Après une existence courte mais fructueuse, pendant laquelle elle joua un rôle actif dans bon nombre d'exercices, la Batterie devint victime d'une réorganisation générale de l'artillerie de support rapproché. Entre autre changement, les unités de localisations furent décentralisées au niveau des Groupes Brigade, et chaque régiment du RCHA au Canada se vit donner une Batterie de Localisation Régimentaire au sein de la nouvelle « organisation à 5 batteries ». La 1ère Batterie de Localisation Divisionnelle fut réduite à effectif nul le 30 avril 1958. Elle fut remise en service brièvement en 1965, et ses Troupes de Radar furent équipés avec le nouveau radar de contre mortiers AN/MPQ/501. Au même moment, les batteries de localisation du RCHA et de la milice disparurent. La batterie réactivée fut situés à Winnipeg, où elle réalisa des essais d'automates et de détecteurs de sons avec le Conseil National de la Recherche. Une fois ces tests réalisés en 1968, la batterie fut une fois de plus réduite à effectif nul.

    Pour compléter l'ordre de bataille de la 1èreArtillerie Divisionnelle au moment de sa formation en 1953 fut le premier vol d'OP aérien du Canada en temps de paix. No. 1 Air OP Flight fut formé à Petawawa en 1953, suivi du No.2 Air OP Flight à Shilo en 1954. Ces escadrons furent initialement équipés avec des appareils Britanniques Auster Mark VI, et à la fin de 1954 furent rééquipés avec des Cessna L-19 produits aux États-Unis. Un certain nombre d'officiers d'artillerie de campagne reçurent une formation de pilotage de base au Brandon Flying Club. Ils progressèrent ensuite au Light Aircraft School à Rivers au Manitoba pour un entraînement plus avancé. Leur rôle consistait à obtenir des observations aériennes, des photographies aériennes, liaison et reconnaissance. En 1960, des Troupes d'Observation Aérienne furent ajoutées aux quatre régiments du RCHA (Gagetown, Petawawa, Shilo et Fort Prince de Galles en Allemagne), et les deux escadrons originaux furent réduits à effectif nul. Les nouvelles Troupes d'OP Aérienne opérèrent sous contrôle régimentaire jusqu'en 1970-71, lorsqu'elles convertirent à des hélicoptères Kiowa et furent subséquemment absorbées dans les escadrons d'hélicoptères du commandement aérien.

    La fin des années 1960 et le début des années 1970 virent plusieurs changements qui affectèrent la Force Régulière du Régiment Royal d'Artillerie Canadienne. Avec la formation du Régiment Aéroporté Canadien le 8 avril 1968, la 1ère Batterie Aéroportée du RCA fut créée. Elle demeura à Edmonton en tant que batterie indépendante jusqu'en 1977 quand le Régiment Aéroporté fut réorganisé et déménagé à la BFC Petawawa. À ce moment, la 1èreBatterie Aéroportée fut démantelée et la Batterie E du 2ème RCHA fut renommée Batterie E (Para).

    Le 6 mai 1968 une unité de l'artillerie de la Force Régulière retourna à Québec après une absence de près d'un demi siècle. Le 5ème Régiment d’artillerie légère du Canada (5 RALC), le premier régiment francophone de la Force Régulière, fut formé autour d'un noyau d'artilleur de la batterie X du 3ème RCHA. Équipé initialement avec des howitzers remorqués de 105mm, il pris ses nouvelles couleurs, les howitzers 105mm L5 pack, en 1969. Pendant les quelques années subséquentes, le L5 servit aussi dans un rôle aéroporté et avec des Batteries de force mobile ACE des 2ème et 3ème RCHA. Le 3ème RCHA se retrouvait maintenant à Shilo, et le 15 juillet 1970, le 4ème RCHA à Petawawa fut réduit à effectif nul. La majorité de ses équipements et de son personnel furent transférés directement au 2ème RCHA, qui fut relocalisé de Gagetown à Petawawa. Une seconde commande de M109 en 1977 vint équiper le 3ème RCHA. Ces nouvelles versions du M109 avaient comme caractéristique un canon d'un calibre plus long ainsi que d'autres améliorations. Ces canons ont été modernisés deux fois depuis.

    En 1975 deux batteries de défense d'aéroport furent réactivées en Allemagne : la 128ème Airfield Air défense Battery RCA à Baden-Soellingen, et la 129ème Airfield Air défense Battery RCA à Lahr, les deux équipés avec des canons de 40mm Boffin et des missiles Blowpipe Very Short Range Air défense (VSHORAD). Le Boffin était une version navale hydraulique des 40mm Bofors de la Deuxième Guerre Mondiale. Ils ont été récupérés de dragueurs de mines décommissionnés et du porte avion Bonaventure. En 1976, le 1er RCHA et le 2ème RCHA reçurent chacun une troupe de missiles Blowpipe. Les unités basées en Allemagne furent augmentées en 1976 par la formation batteries « fly-over » -la Batterie H du 3ème RCHA, et la Batterie V du 5ème RALC.

    Le projet défense Aérienne de Basse Altitude (Low Level Air défense - LLAD), qui débuta au milieu des années 1980 pour rééquiper l'armée avec des armes LLAD modernes, fut le projet le plus coûteux de l'armée à ce jour ($1 Milliard). Il eu comme résultat l'acquisition de ce qui est considéré comme l'un des système de défense à courte portée (Short Range Air défense - SHORAD) les plus efficace au monde. 1985 vit le démantèlement de la troupe de défense antiaérienne du 2ème RCHA avec la réactivation de la 119ème Batterie de Défense Antiaérienne et la formation de l'École d'Artillerie Antiaérienne à la BFC Chatham. Le 27 novembre 1987, le 4ème Régiment de Défense Antiaérienne ARC (incorporant les 127ème, 128ème and 129ème Batteries) fut formé et basé à Lahr en Allemagne. Les deux batteries protégeant les aéroports furent équipées avec 4 sections de Skyguard (chaque section comprenant un radar de contrôle du tir Skyguard et deux systèmes de canons doubles antiaérien 35mm Oerlikon GDF-005), et une troupe de 4 systèmes de missiles ADATS SHORAD. La 127ème Batterie AD, assignée à la protection antiaérienne du 4ème CMBG, fut équipée avec 12 ADATS. En opérations elle devait être augmentée d'une troupe de missiles Javelin S15 VSHORAD (qui remplaça les Blowpipe en 1991) d'une des trois unités de milice ayant été rééquipées en artillerie antiaérienne - le 18ème Régiment AD à Lethbridge, le 1er Régiment AD à Pembroke et 58ème Batterie Antiaérienne (faisant partie du 6ème RAC) à Lévis au Québec. La 119ème Batterie AD fut aussi rééquipée avec des missiles ADATS.

    En 1992 dans le cadre de la réduction des forces et du retour des unités d'Allemagne, le 4ème Régiment AD ARC fut réduit à effectif nul. Il fut réactivé avec un plus petit effectif le 2l juillet 1996 en tant qu'unité de Force Totale, avec un haut ratio de réservistes. Le QG et la 128ème Batterie AD furent basés à Moncton, et la 119ème Batterie AD et le 210ème Atelier à Gagetown. De l'équipement pour une troisième batterie fut positionné à Cold Lake en Alberta avec un peu de personnel d'entretien.

    Le 19 septembre 1981 l'École de Combat de l'ARC fut formée à Shilo au Manitoba. Cette école donna au Régiment Royal un flot continu de soldats entraînés et plus de temps pour l'entraînement aux tâches individuelles d'unité. Elle demeura active jusqu'en juin 1997, quand elle fut démembrée et remplacée par un plus petit détachement d'artillerie du Centre d'Entraînement de la Région de l'Ouest.

    En 1995, l'École d'Artillerie de la Défense Antiaérienne et la 119ème Batterie AD furent déménagées à la BFC Gagetown, et en 1996 les écoles d'artillerie de campagne et antiaérienne furent fusionnées pour former l'École Royale Canadienne d'Artillerie (Royal Canadian School of Artillery - RCAS).

    Résultat de la diminution des Forces Canadiennes en 1992, le 3ème RCHA fut réduit à effectifs nul. Le 1er RCHA déménagea d'Allemagne, au démantèlement du 4ème CMBG, pour remplacer le 3ème RCHA à Shilo. Au même moment, les ressources en armes des trois unités de campagne restante de la Force Régulière furent redistribuées, donnant à chaque Régiment un mélange de M109 et de howitzers de 105mm C1. En 1997, les howitzers C1 des unités de la Force Régulière furent remplacés par un nouveau canon de 105mm léger à plus longue portée, le LG1 français.

    OPÉRATIONS AUTRES QUE LES GUERRES

    Des membres et des unités du Régiment Royal de l'Artillerie Canadienne ont servis dans pratiquement toutes les missions de maintien de la paix où le Canada a été impliqué depuis le début des années 1950’s. Les engagements des soldats envers l'Organisation des Nations Unies dans les deux dernières décades ont été nombreuses. Des artilleurs ont servis au Congo, en Égypte, au Golan, à Hanoi, à Saïgon, au Laos, en Afghanistan, en Iran, en Iraq, en Nambie, en Afrique du Sud, en Amérique Centrale, au Mozambique, en Croatie et en Bosnie pour ne nommer que ceux-là. De plus, l'Artillerie Royale Canadienne a été impliquée pendant plus de vingt ans dans l'envoi de batteries et de régiments en rotation avec d'autres unités de l'armée à Chypre. Elle a aussi fournie des déploiements d'individus et de sous-unités en Bosnia et en Haïti pour les missions de pacification de l'OTAN des dernières années.

    À l'été de 1991, le 5ème RALC fut déployé à Montréal pour aider les forces civiles dans le cadre de l'engagement de leur brigade dans la Crise d'Oka. Des éléments du 4ème Régiment de défense antiaérienne participèrent aussi. Au printemps 1997, tous les régiments d'artillerie furent impliqués dans le contrôle des inondations au Manitoba, et en janvier 1998 aidèrent à contrer les conséquences de la pire tempête de verglas du siècle en Ontario et au Québec.

    Depuis 1962, les Artilleurs du RCHA de Shilo sont impliqués dans le contrôle des avalanches à Roger’s Pass en Colombie Britannique. D'après une entente avec le Ministère des Ressources Naturelles, le régiment basé à Shilo fourni un détachement d'howitzer de 105mm C1 du 1er décembre au 1er avril à chaque année. Des tirs explosifs sont tirés sur des points critiques sur 27 milles de routes du Glacier National Park de manière à faire descendre les amas de neige avant qu'ils ne puissent provoquer un avalanche majeure.

    LA GUERRE DU GOLFE - 1991

    Le 9 Août 1990, la 119ème Batterie de Défense Antiaérienne ARC déploya une troupe de 36 hommes de missiles Javelin VSHORAD pour offrir un protection antiaérienne supplémentaire aux trois vaisseaux canadiens dans l'engagement canadien aux forces de l'ONU pendant la Guerre du Golfe. Des Javelins furent acquis sur une très faible période de temps pour cette opération de manière à remplacer les missiles Blowpipe désuets. Étant donnée la similarité générale des deux armes et la relative simplicité d'opération du nouveau système de missile, les détachements furent entraînés en aussi peu que deux semaines pendant leur transit vers le Golfe. L'École Royale d'Artillery à Larkhill, UK fournit une équipe d'instructeurs d'artillerie, qui arriva à Halifax juste avant le départ du navire, et donna l'entraînement aux armes pendant la traversée de l'atlantique. Un entraînement de tir réel fut tenu lorsque les navires atteignirent les Açores au début de septembre, et l'équipe d'instructeurs pu quitter les Canadiens lorsque le navire atteint Gibraltar.

    Chaque navire reçu une section de Javelin, et le NCSM Athabaskan et le NCSM Protecteur reçurent chacun quatre détachements alors que le NCSM Terra Nova en reçu trois. Le QG de la troupe, commandé par le Lieutenant Paul Romeo, était situé sur le NCSM Athabaskan et faisait partie du personnel du Canadian Task Group Command. Le lieutenant Romeo agit aussi comme conseiller senior sur la défense antiaérienne pour le Commandant du Task Group.

    Les navires arrivèrent au Golfe Persique le 23 septembre 1990, et commencèrent des tâches de patrouille pour l'ONU, incluant l'arrêt et l'abordage de bateaux jours et nuits dans le cadre de l'embargo placé sur Iraq. En janvier 1991 les navires furent mis en charge d'organiser le réapprovisionnement pour la Force Multi-Nationale. Le NCSM Protecteur fut le seul Navire d'approvisionnement à rester sur le théâtre d'opération pendant toute la durée de l'opération.

    Pendant leur tour, les troupes de Javelin n'ont pas eu à tirer en situation réelle, les alliés ayant rapidement cloué au sol les Forces Aériennes Irakienne. L'opération permit aux troupes de mettre en pratique leurs talents de reconnaissance d'avions et de mettre en pratique les procédures de commande et de contrôle dans un environnement opérationnel d'un niveau pour lequel ils n'avaient jamais été entraîné auparavant. Ils retournèrent au Canada avec les navires le 13 mars 1991.

    Trois officiers de l'artillerie canadienne prirent du service actif en tant qu'officier d'échange avec l'armée britannique pendant la Guerre du Golfe. Le major Dave Marshall commanda le 127 (Dragon) Field Battery RA, une batterie de huit canons M109 qui faisait partie du 2 Field Regiment RA. Le 2 Field Regiment supporta la 4ème Brigade Blindés de la 1ère Division Blindés Britannique. Pendant les quatre jours de combat, la batterie du major Marshall tira plus de 2500 salves de munitions de 155mm sur le second échelon des divisions blindés irakienne. Le major Marshall est le seul canadien a avoir tiré en mission opérationnelle contre un ennemi depuis la Corée. Le capitaine Brian Travis fut employé au QG de l'Artillerie Divisionnelle comme officier de liaison avec le 7ème Corps d'Artillerie Américain, et le capitaine Jeff Willis servi comme officier du personnel au QG de l'Artillerie Divisionnelle.

    LES MUSIQUES DE L'ARTILLERIE

    Il y a eu un grand nombre de musiques et de fanfares militaires associées à l'artillerie. Toutefois, la majorité ont été montées individuellement par les régiments et ne seront pas discutés ici. Deux musiques d'artillerie, par contre, étaient des unités en elle même, et l'une d'elle existe encore aujourd'hui.

    La Musique de l'Artillerie Royale Canadienne tire ses racines de Québec. En 1879, la Batterie B Musique de l'Artillerie Royale Canadienne devint la première musique militaire permanente au Canada. Cette musique était composée de plusieurs musiciens professionnels de France et d'Angleterre et présentaient des spectacles très appréciés au Québec. En 1899 cette musique devint le Royal Canadian Artillery Band of Canada. Elle fut réformée en 1947, en 1968, et en 1994 conséquence du Plan de Réduction de la Force. En 1994-95, la musique de l'ARC se joint au programme « Le Canada se souvient - Canada Remembers », qui avait pour but de souligner la contribution du Canada dans la Deuxième Guerre Mondiale. Cette participation amena la Musique en Asie, en Angleterre, en Belgique, en Hollande, aussi bien qu'en France, où la Musique représenta le Canada aux célébrations du Jour J. En 1996 La Musique de l'ARC joua un rôle central lors de la célébration du 125ème anniversaire du Régiment Royal, voyageant dans tout le pays, jouant aux cérémonies de diverses unités et donnant des concerts publics. Cette même année, la musique déménagea de la BFC Montréal à la BFC Valcartier. La Musique de l'ARC est l'une des six musiques militaires de la Force Régulière. Il s'agit d'une musique d'harmonie (brass and reed) et est composée de trente-cinq musiciens professionnels. Lors d'une cérémonie tenue le 4 décembre 1997 (la fête de la Sainte Barbe), la Musique de l'ARC marqua son déménagement à ses locaux actuels à la Garnison d'Edmonton.

    La Musique du RCHA fut autorisée à Kingston en octobre 1905 avec un personnel initial de 25 membres comme véhicule pour créer un attrait pour amener de nouvelles recrues au RCHA. Pendant les vingt années suivantes, cette musique s'épanouit sous le bâton de son directeur musical A.L. Light, précédemment de l'Armée Impériale Britannique. Pendant la Première Guerre Mondiale, la contribution de cette musique au recrutement fut considérée si importante que ses membres se virent refusés l'opportunité de servir outre-mer. Cette musique fut présente au dévoilement du Mémorial de Vimy en 1936, et dans le cadre de cette tournée Européenne, elle joua au Palais de Buckingham devant le Roi Edward VIII. Après la guerre, elle fut déménagée à Winnipeg, et pendant la dernière douzaine d'années de son existence, la Musique du RCHA voyagea intensivement au Manitoba, en Saskatchewan et dans la région de Lakehead, jouant dans des fonctions militaires et civiques et donnant de nombreux concerts publics. La Musique joua son chant du cygne au Tattoo du Centenaire en 1967, et fut démembré lors de l'intégration des Forces Canadiennes l'année suivante.

    CÉLÉBRATIONS DU 125ÈME ANNIVERSAIRE - 1996

    1996 marqua le 125ème anniversaire de la formation de la composante de la force permanente du Régiment Royal de l'Artillerie Canadienne et des Forces Armées Canadienne par la création des batteries A et B en 1871. Le Régiment Royal célébra cette occasion historique par diverses activités réalisées d'un océan à l'autre par des unités d'artillerie de la Force Régulière, l'École d'Artillerie Royale Canadienne et la Musique de l'ARC.

    Des célébrations régionales eurent lieu à Brandon au Manitoba (1er RCHA), à Kingston en Ontario (2ème RCHA), à Québec (5ème RALC), à Moncton au New Brunswick (4ème Régiment AA) et à Oromocto au New Brunswick (RCAS). La Musique de l'ARC donna des concerts publics dans chacune de ces villes, et aida chaque unité à conduire une cérémonie de Citoyenneté d'honneur dans leur ville respective. La Batterie C renouvela ses liens à Esquimalt avec un excellent support du 5ème Régiment d'Artillerie de campagne. La Batterie QC et Services du 1er RCHA renouvela les liens du Régiment Royal avec la NWMP (GRC) par un visite à Régina et une marche commémorative sur le chemin du général Middleton de Fort Qu’Appelle à Batoche. le 2ème RCHA forma deux équipes de course de canonniers qui participèrent au Tatoo de Nouvelle Écosse au grand plaisir de la foule. À Moncton, un parade fut tenue pour réactiver le 4ème Régiment de Défense Antiaérienne l'ARC.

    L'événement majeur de l'anniversaire furent les cérémonies nationales tenues à Ottawa en Ontario les 6 et 7 juillet 1996, dans lesquelles toutes les unités d'artillerie de la Force Régulière participèrent. Le 6 juillet, quatre gardes de 100 hommes représentant les quatre unités d'artillerie de la Force Régulière paradèrent sur les terrains de la Colline Parlementaire. Cette événement incluait un détachement monté de la GRC pour honorer le lien historique entre les deux organisations. La parade se termina par un salve de 125 tirs de howitzers de 105mm, suivi du passage d'équipement d'artillerie historique du passé au présent, commençant avec un canon de 9 livres RML d'environ 1870. De la Colline Parlementaire, un portion des troupes, le détachement de la GRC et un contingent de vétérans de l'artillerie procédèrent vers le Mémorial National de Guerre pour une cérémonie à la mémoire des camarades tombés au combat. La cérémonie fut suivie d'une réception au Cartier Square Drill Hall. Ce soir là, le Colonel Commandant, le Brigadier-Général Robert P. Beaudry, reçu ses invités dans un dîner officiel au Château Laurier, suivi le lendemain d'un brunch. Durant ces deux jours, les équipements et des démonstrations furent présentés au public. Ces démonstration incluaient des présentations d'équipements d'artillerie historiques et modernes parraînées par le Musée Canadien de la Guerre. Les célébrations furent un grand succès, et rappelèrent à tous l'histoire riche et les traditions du Régiment Royal. Pour paraphraser le message du Colonel Commandant en honneur de l'anniversaire, nous devons nous souvenir des fondations de notre histoire avec fièrté et aller de l'avant avec le même esprit dévoué et professionel que ceux qui ont servi avant nous. Le souvenir de leurs efforts est bien servi par le artilleurs contemporains.

    CONCLUSION

    Ce volume ne couvre qu'une petite partie de ce que le Régiment Royal a accompli. Le livre du colonel Nicholson, « The Gunners of Canada », couvre beaucoup de ce qui y manque. Il est évident, toutefois, que la devise « Ubique » est vraiment bien mérité. Le Régiment Royal de l'Artillerie Canadienne peut être fier de son passé et peut regarder le futur avec confiance.

    RÉFÉRENCES

    Ce court historique fut tiré de quatre publications :

    a. Publication de l'Armée Canadienne, 1953 intitulée « The Royal Canadian Artillery » par Edmond Cloutier, C.M.G., O.A., D.S.P., Queen’s Printer and Controller of Stationery ;

    b. « Canadian Army Journal, numéros d'avril et de juillet 1955, « A Gunner Centennial - A Short History of the Royal Canadian Artillery, 1855-1955 » ;

    c. « The Gunners of Canada », volumes I et II par le colonel G.W.L. Nicholson, CD, publié en 1967 par le Royal Canadian Artillery Association ; et

    d. « RCHA - Right of the Line » par le major G.D. Mitchell, MC, CD, publié en 1987 par le RCHA History Committee.

     

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